LE YOGA AU XXIème SIECLE

L’histoire raconte que le yoga est issu d’une exploration profonde du système humain, en relation intime avec les astres et la vie qui l’entoure.
De cette relation intrinsèque sont nées des techniques de maîtrise visant un alignement ultime : l’union avec le tout.
Celui ou celle qui réalise cette union est en yoga, et est appelé(e) Yogi ou Yogini.



UNE VOIE DIFFICILE


 À une époque où le yoga est largement diffusé comme un concept esthétique,  flirtant parfois avec le sexy, le compétitif ou le purement sportif, il est légitime de se demander si l’essence même de ce chemin vers l’union est encore préservée.

La difficulté ne réside pas nécessairement dans l’accès aux outils, car ceux-ci sont aujourd’hui aussi disponibles que des livres en bibliothèque. Les connaissances sont omniprésentes, se diffusent massivement et circulent sur tous les réseaux.
Cela rend possible une transmission élargie de ce qui fonctionne réellement, permettant à un plus grand nombre d’approfondir leur connaissance et leur expérience de la vie.

 

Cependant, avec le temps, j’ai observé qu’il est relativement facile de former quelqu’un au yoga, mais extrêmement difficile d’en faire un véritable pratiquant ; quelqu’un pour qui le yoga devient une voie. Même réponse pour le hatha yoga sur Paris.

Les raisons sont multiples : le temps à investir régulièrement, la discipline personnelle, les contraintes quotidiennes et familiales, le budget, le caractère souvent solitaire du chemin, la motivation…
Mais avant tout, il y a le désir réel et intérieur d’entrer dans le yoga pleinement, sans compromis. De se positionner intérieurement dans une démarche de disponibilité intérieure pour donner sa confiance à ce qui est plus grand pour nous guider.





LE PRATIQUANT : DÉSIR PROFOND - DÉSIR DU DISPONIBLE


Dans les deux cas, que le désir soit intérieur ou motivé par une tendance ; chacun trouvera ce qu’il cherche, et il n’y a là aucun jugement.

Lorsque le désir intérieur est authentique, lorsqu’il s’agit d’en apprendre davantage sur soi, sur la vie, sur l’existence dans ses formes visibles comme invisibles, alors ce désir est entendu. Les synchronicités se mettent en place, permettant d’approfondir l’expérience vécue.

Au fil des saisons, à travers des états de grâce comme des périodes d'abandon, le pratiquant rapproche les bords de sa division et révèle ce qui l'habitait depuis toujours.

 

Cette révélation se fait d’abord à travers les formes, puis de l’intérieur an reflet avec les forms. Les étapes suivantes du chemin se présentent alors naturellement, invitant à une évolution constante, malgré les doutes qui peuvent encore subsister.

Il valide ce qu’il a traversé, retrouve l’humilité et la fluidité, à l’image d’une eau trouble qui retrouve progressivement sa pureté et sa vibration.

L’existence commence alors à lui dévoiler ses secrets, au plus près du cœur, et à l’orienter vers ce qui soutient son évolution, à la fois dans les formes et dans l’intériorité, afin d’unir les deux, en un.
Le pratiquant est ainsi poussé par les formes à revenir en lui pour comprendre, et attiré de l’intérieur pour ressentir que la source qu’il cherche se trouve déjà en lui.

Il joue alors dans l’un et l’autre. Cette articulation entre le monde des formes et celui de la spiritualité fait alors du yoga une voie qu’il ne quittera plus jamais. Il sait que la clé est en lui, et qu’à travers la matière il poursuit ce même travail de révélation. Le chemin devient unifié : tout est intériorité, manifestée sous différentes formes.
Il comprend alors que le mot « Yoga » n’a jamais été une question de postures ou de respiration, mais bien d’union des pôles et d’incarnation profonde, dans tous les plans de l’existence.







À l’inverse, lorsque le désir n’est pas véritable mais relève du « disponible », il conduit à suivre des formes qui donnent l’illusion de la profondeur recherchée, alors qu’elles sont souvent calquées sur un modèle sociétal valorisant davantage le statut que l’expérience.

Cela engendre des pratiquants absorbés par leur propre image, davantage préoccupés par la consolidation de leur individualité que par une réelle fluidité intérieure. Ils choisissent alors l’imitation et l’appartenance apparente, plutôt que l’écoute honnête de l’inconfort qui naît de ce qui n’est pas encore incarné.

Être yogi aux yeux des autres avant même d’arpenter la voie de cette union intérieure (et sans réel désintérêt pour ce statut) est une situation aujourd’hui très répandue.
Le XXIᵉ siècle est une machine d’accélération, de puissance et de potentiel. Il pousse chacun à revisiter ses acquis et à se conformer aux tendances de l’époque.

Or, cette époque valorise avant tout la technologie et l’apparence. Ainsi, ce qui relève de la source, de l’essence et de la profondeur des connaissances anciennes se trouve souvent détourné, instrumentalisé pour ses aspects statutaires et narcissiques.

Le but et le chemin ne sont plus abordés avec la conscience, la patience et la compréhension nécessaires à un épanouissement réel.
Le résultat doit être rapide, immédiat, mesurable. Il doit s’obtenir vite et produire des effets tout aussi éphémères.


Mais alors, où est le yoga dans tout cela ? Qu’en est-il du Isha Hatha Yoga de Sadhguru ?



LE CŒUR DES CHOSES

Comme toutes les connaissances anciennes véritablement profondes, le yoga est toujours d’actualité. Il parle et fonctionne aussi bien qu’hier. Et c’est là le point de départ.


Ce qui fonctionne depuis des millénaires fonctionne parce que ces savoirs comprennent, dans leur globalité, le fonctionnement du système humain en relation avec ce qui l’entoure.


Et puisque nous sommes encore là,  humains parmi les humains; ces connaissances sont aussi opérantes aujourd’hui qu’elles l’étaient hier, et partout. D’où les retraites de yoga en Bretagne ou en Egypte pour une immersion encore plus complète.

Avant d’entamer un cheminement yogique, il est donc essentiel de se poser certaines questions et d’être honnête avec ce que l’on ressent :

  • Qu’est-ce que je recherche réellement à travers les outils du yoga ?
  • Quel temps suis-je prêt(e) à investir quotidiennement ou chaque semaine ?
  • Est-ce que je souhaite pratiquer en groupe de manière régulière, ou devenir autonome grâce à une pratique complète ?
  • Suis-je prêt(e) à me transformer en profondeur ?
  • Mon engagement est-il intérieur et sincère, ou motivé par un statut ?
  • Ai-je des questions avant de me lancer ? Pourquoi ne pas contacter l’enseignant en premier lieu ?

 

 

 

 

Ces questions sont fondamentales pour toute personne désirant s’engager sur la voie du yoga.

Nous avons aujourd’hui la chance que le yoga soit accessible partout.
Cependant, apprendre de manière originelle et authentique, tout en se plaçant intérieurement dans un espace d’ouverture et d’apprentissage profond, demeure rare.


Il est important de rappeler qu’apprendre est simple, n’importe qui peut payer un cours ; mais se positionner intérieurement dans la démarche est une tout autre affaire.


Avec le temps, ce qui fera la différence entre une voie d’apprentissage vivante et la construction d’un simple statut yogique, c’est l’état intérieur du pratiquant, dans sa pratique comme dans sa vie. L’experience de première main.


Si la vie est absolue et totale, alors la démarche doit l’être également.
Tout fonctionne. Tout a sa place.


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